1- Pierre d'alun

 2- Ambre

 3- Chevrette

 

Très présent dans la vie quotidienne durant l’antiquité, le parfum joue un rôle mystique faisant office de médiateur entre les dieux et les hommes. Les huiles parfumées ainsi que les résines servant d'encens vont voir leur statut évoluer et, de mystiques, elles seront esthétiques dans leur utilisation profane.

 

Tout au long du haut moyen âge, le parfum va être abandonné car condamné par l’église rappelant trop son usage païen. Seul son usage liturgique va persister.

 

A compter du XIIe siècle, tout ce qui est cosmétique et cosmétologie (appelé plus communément ornement et embellissement) va connaître un regain d'intérêt qui va se confirmer au cours des siècles suivants. Les échanges commerciaux avec le monde arabe y sont pour beaucoup.

 

 Les senteurs florales de l'occident vont rencontrer les odeurs entêtantes de l'orient telles que l'ambre, le musc, la myrrhe ou la cannelle.

 

Vers 1190, l'importance du parfum va être telle qu'une corporation de gantiers parfumeurs va être autorisée par Philippe Auguste. Même si le parfum n'aura pas une corporation à part entière, son association aux gants fait de ce dernier un produit de luxe.

 

L'obtention du parfum par distillation n'étant pas encore d'actualité au XIIIe siècle, on va garder une grande part de la tradition antique dans sa réalisation. Ainsi, les parfums vont être obtenus par macération : des plantes telles que le romarin, la violette et bien d'autres encore vont macérer dans des huiles ou des vinaigres légers. 

 

Ces macérats doivent être gardés à l'abri du soleil, dans un endroit frais. On peut utiliser l'huile pour se parfumer en appliquant sur une partie du corps ou sur tout le corps. Le vinaigre qui sert aussi de désinfectant peut être utilisé pour nettoyer les aisselles (épilées) avant de les parfumer avec de la poudre d'alun1 à laquelle on peut rajouter de l'ambre2 ou du musc3, par exemple : c'est tout simplement l'ancêtre du déodorant.

 

Ambre de synthèse

 

Mes essais :

 

Le déodorant

 

Afin d'obtenir une poudre qui permet de réduire considérablement la mauvaise odeur suite à la transpiration, on utilisait de la poudre d'alun.

 

 

 

Pour cela, j'ai réduit la pierre d'alun en poudre très fine et y ai ajouté de l'ambre (de synthèse). L'odeur est très orientale et persiste.

Les aisselles doivent être épilées, lavées et séchées. Je prends un carré de lin sur lequel je mets la poudre d'alun et je frictionne mes aiselles. Le résultat est assez satisfaisant car, même si je transpire, il n'y a pas de mauvaise odeur.

 

Avant de tester ce déodorant, assurez-vous que vous n'êtes pas allergiques et que l'alun ne soit pas dangereux pour votre organisme.

 

 

Les macérats

 

 

NB : le flacon actuel -moderne- sera remplacé dès que la commande du flacon réalisé selon sources sera reçu.

 

Il est important de préciser qu'au XIIIe siècle on ne faisait de macérat qu'avec une plante ou une fleur à la fois.

 

 L'huile parfumée :

 

Dans un flacon contenant de l'huile d'amande douce, j'ai mis du romarin. Je l'ai laissé macérer plus d'un mois à l'abri de la lumière.

J'utilise ce macérat après le bain. La peau est ainsi hydratée et parfumée. C'est assez particulier comme senteur -notre odorat moderne n'étant pas habitué- mais fort agréable et assez persistant du fait que l'huile, contrairement à l’alcool, ne s'évapore pas.

 

 Le vinaigre parfumé :

 

J'ai coupé du vinaigre avec un peu d'eau afin d'obtenir un vinaigre léger. J'y ai mis du romarin aussi et ai laissé macérer pendant trois semaines.

 

On peut se nettoyer les aisselles avec un carré de lin imbibé de cette préparation. Cela permet de réduire la mauvaise odeur. J'avoue que j'ai été surprise par le parfum très agréable de cette préparation qui ne garde presque rien de l'odeur du vinaigre.

 

 

Notes :

1 : Alun : C'est un minéral présent naturellement dans diverses régions du monde, telles la Syrie et le Maroc autrefois. Il peut également être synthétisé. (Wikipédia)

2 : Ambre ou ambre gris : est une concrétion intestinale du cachalot, provenant de l'interaction des sécrétions biliaires et des aliments ingérés par les cachalots. (Wikipédia) Il entre dans la composition de Shalimar de Guerlain.

3 : Musc est une matière naturelle animale entrant dans la composition des parfums ; il est extrait des glandes abdominales des cerfs porte-musc d'Asie centrale1. D'autres espèces animales et végétales peuvent produire une substance qualifiée du nom de musc, notamment les Viverridae appelées civette, le rat musqué, l'érismature à barbillons, le canard musqué, le bœuf musqué. (Wikipédia)